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Dénomination de l'Université Sétif 2

L'université Sétif 2 portera dorénavant le nom du Dr MOHAMED LAMINE DEBAGHINE

MOHAMED LAMINE   DEBAGHINE (1917-2003)

Mohamed Lamine Debaghine plus connu sous le nom de Lamine Debaghine est un natif de la ville d’Alger. Il fit des études de médecine à Alger. Au cours de sa jeunesse, il assiste à de nombreux évènements politiques qui influenceront son engagement patriotique.

La célébration des fêtes du Centenaire de l’occupation a rappelé aux Algériens leur condition de colonisés et avivé le sentiment d’humiliation. C’est durant cette période que l’éveil nationaliste s’étend à de nombreuses couches sociales. L’élite instruite est la plus sensible aux nouveaux discours diffusés par les différentes tendances qui représentent le mouvement national. Dans ce contexte, l’Etoile Nord Africaine qui ose dénoncer le régime colonial attire de nombreux lecteurs. Son journal El Ouma est lu et commenté de même que les premières feuilles de l’Association des Uléma Algériens : El Chihab et El Baçaïr.

Par ailleurs, durant ces années 1930, la mobilisation des Algériens s’élargit dans le sillage du Front Populaire et la promulgation du projet Blum-Viollette qui entraîna la tenue du Congrès musulman le 7 juin 1936 à Alger. Le meeting du 2 août 1936 qui eut lieu au stade de Belcourt/ Belouizdad à l’occasion du retour de la délégation du Congrès dépêchée à Paris, fut l’occasion que Messali Hadj choisit pour réclamer « un parlement national algérien ». La création du Parti du Peuple Algérien (Le PPA) créé en mars 1937, en remplacement de l’Etoile Nord Africaine interdite, commença à organiser des sections à l’échelle des principaux centres urbains.

Lamine Debaghine baigne dans cette ambiance et se nourrit de toutes ces idées nationalistes qui fleurissent et s’affirment à travers diverses manifestations (meetings, sociétés sportives, troupes scoutes et cercles culturels).

De par son parcours, c’est tout naturellement qu’il se retrouve parmi les organisateurs de l’AEMNA avant d’adhérer au PPA à la veille de la Seconde Guerre mondiale. L’interdiction du PPA et l’arrestation de ses principaux dirigeants dont Messali Hadj obligea les militants à faire l’expérience de la clandestinité pour continuer à défendre leurs revendications. A la faveur du débarquement anglo-américain et de la libération de nombreux militants, la réorganisation du PPA toujours interdit est assurée entre autres par Lamine Debaghine. Selon l’historien Mahfoud Kaddache, il y   joua un rôle de premier plan, joignant à sa foi inébranlable dans l’action nationaliste organisée, une solide culture politique. Aussi Lamine Debaghine fait-il partie du nouveau Comité central installé, peu après la libération de Messali Hadj au mois d’avril 1943 (il demeure assigné à résidence à Reibell/ Ksar Chellala).

L’essentiel de ses efforts est consacré à préparer à la lutte clandestine le plus grand nombre possible, en tissant une véritable toile de réseaux animés par des cadres mobiles, instruits régulièrement par des directives soigneusement élaborés. Une attention particulière était accordée à la mobilisation des jeunes pour assurer la propagande du parti et entretenir une agitation tout en préservant le parti. Un effort particulier était consenti en faveur des lycéens, des étudiants et médersiens qui devaient mettre sur pied des sections dans les villes. Il préconise aussi le refus de la conscription et le recrutement de volontaires demandé par le gouvernement de la France libre.

Parallèlement à cette intense activité souterraine, Lamine Debaghine était présent sur la scène publique. Il participa à la rédaction du Manifeste du Peuple Algérien avec Hocine Asselah qui sera remis aux Alliés at aux autorités françaises, le 12 février 1943.

Il sera partie prenante dans la mise en place des Amis du Manifeste et de la Liberté et le noyautage de la plupart de ses sections par ses militants. Le succès rencontré auprès de la société algérienne dépasse les lieux habituels de la mobilisation. Le pays profond était également de la partie.

En janvier 1945, un congrès restreint se réunit à Alger avec Lamine Debaghine, Asselah Hocine, ChadlyMekki et Mohamed Mestoul pour faire un bilan de la situation. Il conclut sur la nécessité de poursuivre le travail de structuration tout en réfléchissant au recours à la lutte armée.

Ce bouillonnement tout azimut connut son paroxysme lors des manifestations du 1° et 8 mai 1945. Les principaux dirigeants dont Lamine Debaghine, Taleb Mohamed, Ahmed Mezrena, Mahmoud Abdoun, Hadj Mohamed Cherchalli crurent de bonne foi que l’heure de la délivrance coloniale était venue. Ensemble, ils décident de lancer le mot d’ordre d’insurrection générale pour le 23 mai 1945. Ils font marche arrière et renoncent à leur projet devant la violence de la répression qui s’abattit sur les populations des régions de Sétif et de Guelma.

Il entre en clandestinité et réussit à échapper à la police. En juillet 1945, Lamine Debaghine parcourt les régions de l’Est algérien dont l’Aurès en compagnie de Mohamed Belouizdad. Selon le témoignage de Mohamed Assami (de Biskra) qui les guidait dans leur visite, les deux militants recommandent la préparation à la lutte armée.

Il revient sur la scène politique à la faveur de l’amnistie accordée aux condamnés et recherchés de mai 1945. Lamine Debaghine est alors candidat aux législatives de novembre 1946 sur une liste du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, future appellation du parti du PPA interdit. Elu député dans la seconde circonscription du département de Constantine, au même titre que Messaoud Boukkadoum et Djamel Derdour, Lamine Debaghine fit une intervention passionnée sur la nation algérienne (cf. texte ci-joint) le 20 août 1947, n’hésitant pas à parler du droit du peuple algérien à l’indépendance.

Sur un autre front, Lamine Debaghine se montrait tout aussi radical vis-à-vis de la direction du parti. Lors de la Conférence des Cadres (Bouzaréah, Alger) au mois d’octobre 1946 et plus explicitement lors du Congrès de février 1947, la ligne des activistes dont il est l’un des représentants est vivement critiquée par Messali. Mais, l’Organisation spéciale (L’OS) est créée à cette occasion. Lamine Debaghine et ses partisans semblent triompher dans la mesure où ils sont majoritaires au bureau politique qui réunit Hocine Lahouel, Ahmed Bouda, ahmedMezrena, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Belouizdad, M’hamed Ben Mhel et Mohamed Khider.

A la fin de décembre 1948, un Comité central élargi du PPA-MTLD se réunit à Zeddine. Les élections truquées du mois d’avril 1948 (délégués de l’Assemblée algérienne) ont déçu les partisans à la ligne réformiste. Le rapport de Hocine Aït Ahmed est un plaidoyer en faveur de la nécessité de préparer la lutte armée. L’intention ne suffit pas, elle doit être soutenue par une stratégie rigoureusement élaborée. Si « le rapport est adopté à l’unanimité moins deux voix », l’unité du parti est menacée par les rivalités entre partisans de Lamine Debaghine et partisans de Messali. A l’issue des travaux, Lamine Debaghine est chargé des relations extérieures tandis que Hocine Lahouel est nommé secrétaire général du parti.

Les deux hommes ont du mal à trouver un terrain d’entente.

Au final, la question culturelle soulevée par des militants de Kabylie offrira l’occasion pour éliminer Lamine Debaghine. Devançant ses adversaires, il dépose sa démission avant la prononciation de son exclusion du Comité central le 1°Novembre 1949.

A compter de cette date, il reprend ses consultations dans son cabinet ouvert à Saint-Arnaud/ El Eulma.

A la veille du déclenchement de la guerre de libération nationale, trois parmi les six chefs historiques fondateurs du FLN: Mostefa Ben Boulaïd, KrimBelkacem et Mohamed Boudiaf prennent contact avec Debaghine pour lui en proposer la direction qu’il déclina.

Arrêté le 24 juin 1955, il est libéré six mois plus tard. Il rejoint le FLN à la fin de l’année 1956. AbaneRamdane lui confie la Délégation extérieure du FLN.

Par la suite, il est membre du CNRA mis en place lors du congrès de la Soummam au mois d’août 1956 et du CCE en 1957.

Il est nommé ministre des Affaires Etrangères dans le premier GPRA dirigé par Ferhat Abbas en septembre 1958. Il démissionne de son poste le 15 mars 1959.

Au lendemain de l’indépendance, il retourne à ses consultations dans son cabinet médical.
Lamine Debaghine s’est éteint le 23 janvier 2003. Sa dépouille repose dans sa ville natale de Cherchell.

 

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